TLC Légende tirée des archives

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TLC Légende tirée des archives

Message par Admin le Lun 30 Juil - 16:05

La légende disait que la TLC venait des 4 points extrêmes de la Terre.
Que de ces 4 points et en faisant le contour des anciennes océanes, ça formait un grand cercle serti de deux flèches tournées vers le ciel, dont l’une barrée d’une droite, et d’une sorte de croix placée l’opposé.
Les conteusexs de fables disent que la Terre fait partie de l’univers et qu’on ne put jamais déterminer exactement d’où les convergentexs étaient venuexs.
Elles racontent que todes arrivèrent à bord d’embarcations en forme de bras, de lèvres, de seins naissants, allongés ou bombés, de doigts, de clitoris grandis, de crânes prognates ou d’arcades sourcilières proéminentes. À l’époque il y avait de l’eau et elle appartenait à todes. On pouvait encore y naviguer sans permis à la voile et fabriquer sa propre bâtelle de bois d’ébène, de maïs tissé, de palmier creusé, de pétales amidonnées, de mie de pain compactée, de toiles d’araignées emprisonnant des coques vides de fruits.
Le voyage fut si long, algunes disent, qu’à l’endroit de leur convergence et à l’heure du débarquement de leurs outils, leurs vivres et leurs corps bigarrés, la mer salée avait recouvert les continents. Les fleuves étaient bloqués dans les barrages. Qu’elles durent à un moment rouler leurs barques jusqu’aux plaines qui bordaient encore une haute montagne. Les vallées y menaient de leurs flancs glissants d’une boue graisseuse, une centaine d’entre elles se décourageant presque.
Les rapporteusexs nient toute ressemblance fortuite avec l’apocalypse. Parce que beaucoup de convergentexs n’étaient pas croyantexs et que les qui croyaient en une ou plusieurs déessexs ne les considéraient pas capablexs d’un pareil cataclysme.
Les eaux troublées étaient contaminées par des humain.e.s. C’est ce qui se discutait sur les ponts et les cockpits durant la dernière partie de la traversée maritime. C’était après les plaines.
Les derniers kilomètres avant la terre, elles durent nager à contre courant, leurs embarcations harnachées à leurs bassins. L’entreprise demanda plusieurs semaines car on dut enseigner à certainexs à nager et à d’autres à crawler plus vite et plus fort. On élabora en même temps qu’on les améliora des sièges flottants (qui se révélèrent étonnamment hydrodynamiques) pour les convergentexs aux capacités différentes.
Les environs résonnent encore de leurs gorges déployées d’encouragements puissamment expulsés.
Les clapots turbulents puis les torrents incessants de crasse imposèrent l’établissement de campements temporaires à maintes reprises. Elles s’arrêtèrent alors sur des rives aléatoires, en groupe éparses et décidés par l’épuisement de leur énergie respective.
Depuis les tentes de fortune, quand le sol le permettait, et des hamacs, plus pratiques pour s’assurer une humidité corporelle négligeable, on rapporte des conversations à la lueur des lampes frontales et des bougies de cire d’abeilles. À l’écart des écoulements suintant des barrages, on dit que les vêtements servaient alors de combustible et de point de départ à l’échange des connaissances emportées depuis leurs contrées d’origine. Si les corps s’humidifiaient alors, ç’eut été pour des raisons simplement sensuelles.
Entre toutes les langues parlées, dont les porteusexs de fables n’ont pas l’entière maîtrise, les mots faisaient des détours, empruntaient de petites portes pour exprimer des conceptions grandioses et parfois grandiloquentes qui rassuraient. Le une extirpait de son dialecte ce qu’elle souhaitait démontrer dans un autre. Une otre inscrustait des phrases d’une autre époque dans des langues déjà partagées entre plusieurs frontières avant leur départ. Au passage, on abandonnait les genres grammaticaux aussi commodément que les fripes trempées.
On précise que les convergentexs décidèrent que les tirades des débats qui les concernaient n’avaient plus besoin de connaître leurs propre genre à elles. Les trophées et les amulettes les accompagnant ne demandaient pas à être réparties selon un sexe, et elles non plus. Le sabir né de leurs connexions se fit non-binaire.
Et les torses se gonflèrent pour reprendre d’assaut les courants antagonistes.
Elles remontèrent la vallée qui débouchait sur le canyon bordant un plateau. Elles détruisirent les batelles pour les réduire en éléments transportables. La nage prit ensuite la forme d’une escalade abrupte où chaque prise emportait le souffle des poumons contrits.
Le sol plus plat du plateau enfin atteint, on établit le dernier lieu de vie précédant l’ascension. Les habitations cernaient une montagne dont le pic abritait une cité habitée. Les miches de pain intactes furent divisées, les jars à jauges tactiles se versèrent les unes dans les autres, on fractionna les végétaux secs selon les besoins de cada une.
L’ascension prendrait des jours.
Les versants s’allongeaient majestueusement; et toutefois amoindris par les réminiscences du trajet déjà accompli.
Mains dans les mains, elles encerclèrent le mont en une ronde apatride représentée par personne sinon la somme de toutes leurs identités. Avançant pierre après pierre, talus après talus, c’était maintenant coudes à coudes que la maille humaine se déplaçait.
À quelques mètres des routes périphériques bruyantes, les épaules s’entrechoquaient déjà. Les omoplates s’encastraient et les convergentexs regardaient seulement en avant.
Les hoverboards et les voitures électriques ne purent continuer leur course.
Les porteusexs de fable assurent que les convergentexs investirent les quartiers aux constructions les plus hautes car c’est là qu’elles resserrèrent leur étau autour des établissements financiers.
Les groupes se dispersèrent dans les étages selon les affinités. Et chaque open space abandonna sa fonction originelle. On abattit presque tous les murs, des passerelles jaillirent des sommets, les fenêtres donnaient une vision panoramique sur la ville.
Une vague d’alliéexs déjà sur place convergea à son tour dans ce qu’on nomma TLC pour Triangle Libre Catastrophe. Et la vue depuis les hauteurs prévint les assauts des marées sombres et des idées rétrogrades. Le récit gravé de mains diverses et selon des techniques variées tient désormais lieu de bienvenue ou de mise en garde dans les différentes halls et entrées anticapitalistes et anti-coloniales de la TLC. Trônant au milieu de la ville, avant son déploiement futur.

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